Lundi 7 août 2006

J'ai du mal à respirer.
Comme s'il manquait quelque chose, dans l'air que je tente avec difficulté d'inspirer dans mes poumons.
Alors il descend, d'au-dessus, de nulle part.
Que je sois dehors ou dedans, il vient toujours d'au-dessus.
Suspendu à des fils ténus qui semblent être faits de sa peau elle-même.
Et il avance vers moi, sans toucher le sol, comme tiré lentement par les mains d'un marionnettiste invisible.
Plus près.
Plus près.
Le manque d'oxygène me donne mal au crâne et me fait tituber.
Je ne dois pas rester sur place.
Qui sait ce qu'il me fera s'il parvient à m'atteindre ?
Alors je marche, chacun de mes pas me semblant plus lourd et plus raide que le précédent.
Si je m'avise de jeter un regard en arrière, je sais que je ne parviendrai pas à distinguer de visage sous la capuche que forme la peau de sa tête.
Rien que le vide, le néant dont il doit être constitué.
Il n'est qu'une enveloppe avide d'être enfin remplie...
par Conrad Maiden
publié dans :
Endless : les coulisses du projet bd
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