PARASITE
Une petite bête s'est installée,
Pourquoi ? Comment ? Je ne le sais.
Cherchant un petit nid douillet.
Dans les recoins de mes pensées.
Ce genre d'insecte, voyez-vous,
N'est pas très grand, mais très actif,
Il aime donner aux alentours
Ce qu'il appelle "un air festif"
Chamboulant tout dans sa tanière,
Qu'il investit sans qu'on l'invite,
Il sème désordre et crée misères
A tout ce qui, pour rien, l'irrite :
D'un coup de patte, il envoie paître
La bonne humeur, et les espoirs.
Il clôt et obstrue les fenêtres,
Bien plus à l'aise dans le noir.
Il crie très fort, malgré sa taille,
Des mots blessants sur ce qu'il voit,
Transformant en champ de bataille
Le semblant d'ordre encore en moi.
Il court, il saute, il cabriole,
Il raye les murs de ses antennes,
Ebranlant, dans sa course folle,
Mes convictions, sans moindre gêne !
Et ses griffes bien enfoncées
Au plus profond de ma psyché,
Il est alors bien malaisé
De tenter de l'en déloger.
Il grignote mes souvenirs,
Ne dédaignant que les amers,
Insufflant tristesse et soupirs
A mon esprit rendu précaire.
Retrouverai-je le repos,
La joie de vivre et le bonheur,
Ou devrai-je laisser ma peau
Et mon esprit en sa demeure ?
Maudit soit ce jour infâme,
Où, sans envisager la suite,
J'ai offert les clés de mon âme
A cet immonde parasite.

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